Coronavirus, un spectre sur la santé et l’économie mondiale

Coronavirus : La pandémie de grippe qui a mis la Chine (28% de l’économie mondiale et 1ère usine de la planète) en « arrêt maladie » pendant un mois, et mis l’Italie à genoux en à peine trois semaines.

Au 13 mars 2020, on en est à près de 135 000 cas de contaminations dans le monde, pour environ 5000 décès, depuis l’explosion de la pandémie, en début d’année. Selon les données disponibles, au moins 10% des cas sont critiques ou sérieux (c’est-à-dire qu’ils requièrent des soins d’urgence, notamment de l’assistance respiratoire pendant environ deux semaines). Et ce sont ces cas qui nous intéressent, mais nous y reviendrons.

A l’heure où les questions se posent avec autant d’ardeur, et que montent les craintes, il est important de revenir sur les bases, observer et comprendre, comprendre pour agir, et surtout se préparer au mieux, collectivement et individuellement.

Coronavirus, un « genre de grippe » ?

Alors, cette mise au point faite, revenons au virus en lui-même, et faisons comme si nous n’avions pas un possible bouclier climatique.

Soyons extrêmement clair, sur un point : Ce n’est pas une simple grippe ! En termes de magnitude, ça n’a absolument rien à voir.

Selon l’OMS, le SARS-Cov-2 a un taux de mortalité de 3,4% (mettons 3, pour les besoins de la comparaison), là où la grippe saisonnière a un taux de létalité de 0,1%. On est donc face à un virus qui est au moins 10 fois plus mortel que la grippe…

Bien sûr, le virus affecte beaucoup plus les personnes âgées souffrant de maladies sous-jacentes (de manière disproportionnée). Mais l’Italie nous montre bien que des sujets plus jeunes (jusqu’à la quarantaine, voire moins) sont également concernés par les cas de complication.

Outre cela, « Il existe une transmission interhumaine du virus et, selon les estimations préliminaires, le taux de reproduction de base (RO) se situe entre 1,4 et 2,5. » Informe l’OMS. Là où d’autres experts parlent de 2 à 2,5, voire 5. Ce que ça veut dire concrètement, c’est que chaque personne infectée peut en contaminer en moyenne entre 1,4 et 2,5 personnes. Et ce sont les estimations minimales.

Le Coronavirus et le problème de fonctions exponentielles …

Pour faire simple, le virus évolue presque suivant une fonction exponentielle, en gros, en l’absence de mesures limitatives (nous y reviendrons), le nombre de cas double tous les 2 à 3 jours : il suit donc une fonction exponentielle.

Ce que ça veut dire, c’est que si vous avez, par exemple, 2 cas le lundi, vous aurez 16 cas le lundi suivant…puis 126 cas le lundi d’après…puis 1024. En quatre semaines, on passe donc de 2 cas, à plus de 1000. Le plus terrible, c’est que la semaine suivante (c’est-à-dire, en 5 semaines de contamination) on a : 8 192 cas…et pour la semaine 6 : 65 536.

C’est un modèle théorique très grossier, bien évidemment, qui a une simple fonction didactique et illustrative. Mais cela vous donne une idée du niveau de dangerosité d’un virus très contagieux, dans une population qui n’a aucun anticorps pour lutter contre.

Considérons donc à présent des cas graves des 10% (là où l’OMS envisage 25%), suivant les données disponibles. Ça veut dire que, selon notre modèle théorique, eh bien 1000 personnes auront besoin de soins médicaux sérieux en un mois… et plus de 6500 à la sixième semaine….

Là où ça devient compliqué, c’est la vitesse à laquelle les hôpitaux (services d’urgences, assistance respiratoire etc…) sont débordés. En Italie, le système médical tout entier (pourtant de haut niveau) s’est retrouvé submergé en moins d’une semaine.

Coronavirus et Considération géo-économique

Alors, face à ce type de crise, les dirigeants sont confrontés à deux choix majeurs :

1 – Tout bloquer pendant un temps (confinement, quarantaine, isolement de certaines régions, fermetures des lieux publics, etc…), au risque de crasher l’économie.

2 – Privilégier l’économie, laisser tourner les affaires, pour quand même pouvoir supporter la crise.

3 – Et faire l’un ou l’autre, tout en évitant de submerger les hôpitaux.

En gros, la question c’est « La santé des citoyens est-elle plus importante que le business ? » Chaque gouvernement est appelé à faire un arbitrage difficile entre les extrêmes 1 et 2, tout en tenant compte du facteur 3. Ce qui est intéressant, et tragique, c’est que si on ne limite pas la contagion soi-même, l’économie finit immanquablement par ralentir, à partir du moment que les contaminations augmentent et que les gens deviennent inquiets.

En Afrique subsaharienne, la question est d’autant plus tendue que 1 : les économies des capitales sont très dépendantes des importations, et 2 : les capacités des hôpitaux sont très très limitées. C’est dans ces contextes qu’on a besoin de dirigeants intelligents, responsables, lucides et mentalement solides (et patriotes, cela va sans dire !). J’espère que vous avez ça chez vous ! 😊

Les marchés internationaux sont déjà à genoux … l’Afrique ne sera pas en reste

Au Japon, en Europe et aux Etats-Unis, touchés de plein fouet par la tempête SARS-Cov-2, les marchés dégringolent depuis lundi. C’est une véritable catastrophe, dont les effets se répercuteront au moins jusqu’au deuxième trimestre. Les deux foyers de l’économie mondiale sont l’Occident (avec les Etats unis en tête de pont, et l’importante UE) et l’Asie, tirée par la Chine. Si la Chine, usine du monde a repris tant bien que mal la production, l’UE et les USA ne sont pas encore tirés d’affaire. Les deux prochaines semaines seront significatives pour ces deux pôles, le ralentissement de l’économie mondiale n’est donc pas prêt de s’arrêter, et devrait continuer au moins jusqu’au deuxième trimestre.

La croissance des pays Africains est très dépendante des exportations de matière premières vers la Chine, qui elle est dépendante des demandes en produits finis de l’Occident. Le Cercle de dépendance est là, pour le meilleur…ou pour le pire.

Notons enfin, qu’un risque de récession globale n’est pas à écarter. A l’heure actuelle, selon les estimations de Mckinsey, l’Afrique sub-saharienne pourrait perdre entre 12% et 50% de son PIB en 2020, ce qui considérable. Mais nous y reviendrons.

Auteur invité:

Ayi Renaud Dossavi-Alipoeh, Biologist, Poet, Writer, and Business Journalist

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